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Le patient une précieuse source de savoir

Mercredi, 31 janvier 2018

Le patient une précieuse source de savoir

Réputé tant sur le plan national qu’international, ce cours intitulé « Formation à la collaboration interprofessionnelle et au partenariat patient » consiste en trois blocs d’enseignement de 15 heures chacun, pour un total de 45 heures. Obligatoire et crédité, ce cours forme annuellement 4500 étudiants inscrits à 13 programmes de baccalauréat en sciences de la santé offert à l’Université de Montréal : médecine, sciences infirmières, pharmacie, ergothérapie, physiothérapie, nutrition, audiologie, orthophonie, kinésiologie, médecine dentaire, psychologie, travail social et optométrie.

« Le principal élément distinctif de cette formation est l’implication des patients partenaires au profil formateur », précise Isabelle Brault, professeure agrégée à la Faculté des sciences infirmières et présidente du Comité interfacultaire opérationnel (CIO) de formation à la collaboration interprofessionnelle en partenariat avec le patient. En effet, un patient partenaire coanime la formation avec un professionnel de la santé.

L’« approche patient »

« Les patients sont porteurs d’une expertise importante et, dans un contexte de coupes budgétaires et de ressources limitées dans le système de santé, ce serait bête d’ignorer les savoirs et l’expertise des patients, qui vivent avec la maladie 24 heures sur 24 », détaille Annie Descoteaux, gestionnaire de projets, volet patients partenaires, à la Direction collaboration et partenariat patient et vice-présidente patient au CIO.

Alors que le professionnel de la santé a le savoir scientifique, le patient, de son côté, est celui qui a la connaissance de l’impact et de l’évolution de la maladie au quotidien. « Par exemple, si un médecin soigne 12 patients atteints de diabète, chacun d’eux vit cette maladie différemment et connaît l’impact de divers aliments sur son état de santé. Puisqu’il s’auto-observe, le patient remarque certaines choses et apporte beaucoup d’information au professionnel de la santé qui, en retour, utilise ces renseignements pour optimiser le plan de soins qui sera élaboré avec le patient », illustre Annie Descoteaux.

C’est donc une logique de complémentarité des expertises scientifiques et expérientielles de la maladie qui est à l’oeuvre ici. Le fait que le patient soit de plus en plus partie prenante de son programme de soins est une tendance de fond, qui transforme l’approche des soins en santé et la pratique des professionnels. Cette approche des soins de santé a commencé à s’ancrer dans les années 2000, notamment parce que les gens ont accès à plus d’information médicale sur Internet et démontrent un intérêt accru pour leur état de santé.

Dans un contexte de coupes budgétaires et de ressources limitées dans le système de santé, ce serait bête d’ignorer les savoirs et l’expertise des patients
Annie Descoteaux, gestionnaire de projets, volet patients partenaires, à la Direction collaboration et partenariat patient et vice-présidente patient au CIO

Cette approche axée sur l’expérience du patient remédie en partie à la grande problématique qu’est l’adhésion au traitement. « Un patient qui contribue à l’élaboration à son plan de soin aura une meilleure adhésion aux médicaments et va, par le fait même, optimiser les résultats du traitement et la satisfaction du professionnel, qui souhaite le meilleur pour son patient », souligne Annie Descoteaux. L’Université de Montréal détient d’ailleurs une banque de 250 patients désireux de partager leurs expériences avec les étudiants.

Innovation et interconnexion

Offerte depuis une dizaine d’années, la Formation à la collaboration interprofessionnelle en partenariat avec le patient a connu une progression fulgurante — le nombre d’étudiants formés est passé de 707 à 4500. Elle s’inscrit également dans les grandes priorités de l’Université de Montréal, qui sont notamment de créer des activités de formation interdisciplinaires pour favoriser l’innovation et l’interconnexion des expertises et de nourrir une collaboration active entre les facultés et départements associés aux sciences de la santé. En ce sens, cette formation est un levier puissant pour l’Université, qui d’ailleurs incite d’autres établissements d’enseignement à mettre l’expérience du patient et l’interdisciplinarité au coeur de la formation des futurs professionnels de la santé.