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Le coût et la valeur (Partie 2)

Jeudi, 24 novembre 2016

Le coût et la valeur (Partie 2)

Parlons enfin des opinions pharmaceutiques.  Le montant offert peut être adéquat pour de simples recommandations.  Cependant, pour les cas plus complexes si l'étude du dossier, les recherches, la rédaction du plan de soins et le suivi du patient prennent plus de 15-20 minutes, techniquement, nous sommes perdants.  Et ce, sans compter toutes les interventions que nous faisons gratuitement pour les assurés au privé.  Encore une fois, le coût de ce service ne représente pas sa valeur réelle lorsqu'on met dans la balance l'expertise du pharmacien, les consultations médicales, visites à l'urgence et hospitalisations évitées, ainsi que l'amélioration de la qualité de vie du patient suite à nos interventions.  

À titre d'exemple, j'ai pris le temps d'intervenir dans le dossier d'un patient atteint d'asthme allergique et de MPOC qui éprouvait des difficultés respiratoires fréquentes.  Suivi d'adhésion, explication sur la place de chaque médicament dans le traitement, revue de la technique d'utilisation, ajustement du traitement suite à une communication avec le médecin, suivis subséquents, etc.  Temps investi: au moins une heure au total. Coût facturé : 0$ (assureur privé).  Valeur du service pour le patient: inestimable!  Valeur du service pour la société: consultations médicales et visites à l'urgence évitées ($$$).

Les différents acteurs dans le domaine de la santé sont d'accord sur ce point: la présence et l'intervention du pharmacien favorise une meilleure utilisation de la médication, optimise les traitements, réduit les cascades médicamenteuses et évite des hospitalisations.  Pourquoi alors ne pas lui offrir d'avantage de moyens pour améliorer la pharmacothérapie?  Encourageons le travail cognitif plutôt que la distribution.  Rémunérons les revues de médication, optimisons la rédaction d'opinions (pourquoi pas un montant pour les opinions simples et un autre, bonifié, pour les complexes?) et surtout, étendons la couverture par la RAMQ de ces actes aux assurés du privé.  Car lorsque ces personnes consultent un médecin ou sont hospitalisées, c'est l'argent public qui est investi.

En cette période de tourmente, je souhaite que l'ensemble du mode de rémunération du pharmacien soit revu et que ses services soient reconnus et rétribués à leur juste valeur.  Arrêtez de taper sur le pharmacien.  Tendez-lui plutôt la main car il fait partie de la solution.   

Claudia-Kathleen LeBlanc, pharmacienne