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Le coût et la valeur (Partie 1)

Mercredi, 23 novembre 2016

Le coût et la valeur (Partie 1)

Le coût d'un bien ou d'un service est-il équivalent à sa valeur?  

Depuis plusieurs mois, le ministre de la santé s’acharne sur les pharmaciens.  Les montants perçus par les pharmaciens sont au centre de ses préoccupations et les multiples lois, règlements et amendements visent continuellement le coût des services pharmaceutiques, comme s’ils étaient à eux seuls responsables de tous les problèmes du budget alloué à la santé.  On semble oublier ici que le coût du médicament augmente, que les médecins font plus de prescriptions (notamment en raison du vieillissement de la population) et donc que l’honoraire du pharmacien ne peut être à lui seul la cause de tous les maux.  Et on semble surtout oublier que, au-delà de son coût, le travail du pharmacien a de la valeur.    

Prenons premièrement le coût du service pour les assurés RAMQ.  Le pharmacien reçoit pratiquement le même montant qu'il s'agisse d'une nouvelle ordonnance ou d'un renouvellement, peu importe que le conseil associé soit complexe ou non, que le dossier nécessite un suivi étroit ou non.  Je laisse ici de côté le rapport coûtant du médicament et honoraire du pharmacien.  J’estime que cet honoraire unique, non majoré depuis plusieurs années, n'est pas représentatif de la valeur réelle du service offert par le pharmacien.  

Pour les assurés du privé, le coût du service pharmaceutique, qu'il soit détaillé ou non sur la facture, représente un ensemble de frais, dont le montant réel du service pharmaceutique.  Sur le 4.25$ perçu en honoraire sur untel médicament ou le 28.95$ sur un autre, qui peut dire ce qui couvre réellement le service cognitif fourni par le pharmacien ?  Le ministre Barrette veut obliger les pharmaciens à ventiler leur facture afin que les clients soient mieux informés du coût du service pharmaceutique.  Pour aller au bout de ce raisonnement, un pharmacien pourrait comptabiliser tous ses frais fixes et les diviser par son nombre moyen d’ordonnances en un an.  Il prévoirait ensuite un montant juste et raisonnable pour son honoraire en prenant en considération la complexité du conseil et du suivi lié au type de médicament. Chacun de ces montants, ajoutés au prix coûtant du médicament, seraient clairement inscrit sur la facture.  Ainsi le client serait réellement informé de la valeur du service qu’il reçoit.

Il en est de même pour les conseils pour les médicaments de vente libre?  Coût: nul.  Valeur?  Avons-nous sauvé une visite chez le médecin?  Avons-nous prévenu un mauvais usage de la médication?  Avons-nous mis notre expertise au service du client?  Il est faux de penser que le temps que nous y avons passé est couvert par les quelques dollars de profit faits sur le produit vendu, une fois nos frais fixes couverts.  Demandez simplement à un client : « Pour vous, la consultation que vous venez d’avoir avec le pharmacien vaut combien? » et vous aurez votre réponse.  Combien d’autres professionnels de la santé sont aussi disponibles, de jour comme de soir, tous les jours de la semaine, et offrent des consultations gratuitement?  Cela a également, je crois, de la valeur pour la société.


Lisez la suite de cet article dans la partie 2

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